Embroussaillement et plantes à problèmes dans les alpages
Table des matières
Pourquoi débroussailler les alpages ?
Problématique
Les alpages représentent environ un tiers des surfaces agricoles de la Suisse. Pour les exploitant-e-s d’alpage, les pâturages alpestres revêtent une importance économique capitale, car ils peuvent y faire pâturer leurs animaux en été et utiliser leurs surfaces d’origine pour la production de fourrage hivernal. Grâce au pâturage extensif pratiqué depuis des siècles, les alpages ont également développé une biodiversité caractéristique et précieuse sur le plan écologique. En maintenant les surfaces cultivées ouvertes, l’économie alpestre est également responsable du paysage tel que nous le connaissons dans les régions alpines.
En Suisse, les surfaces de pâturage diminuent aujourd’hui de manière constante, surtout dans les zones à rendement marginal (sites à forte intensité de main-d’œuvre). En raison de l’extension de l’embroussaillement et du boisement, 2400 hectares de pâturages disparaissent chaque année dans la région d’estivage.
Les images satellites suivantes montrent deux exemples de surfaces dans la région d’estivage qui ont partiellement été embroussaillées entre 1946 (en haut) et 2025 (en bas).
L’économie alpestre perd ainsi chaque année une partie de sa base de production. Outre la perte de terres agricoles précieuses et la modification du paysage, l’embroussaillement a également des conséquences écologiques.
Si la couverture arbustive dépasse 60%, la biodiversité diminue. Lorsque l’embroussaillement est dominé par des aulnes verts, on observe dès le début une perte immédiate et importante da la diversité des espèces. Comme l’aulne vert est l’espèce arbustive la plus fréquente dans l’embroussaillement alpin, celui-ci a des conséquences écologiques considérables. L’augmentation de la couverture forestière, en particulier sur les terrains escarpés, accroît également le risque de grands incendies de forêt.

Il faut toutefois tenir compte du fait que l’embroussaillement n’est pas toujours négatif et qu’il ne peut pas être évité partout. En principe, il s’agit d’un processus écologique naturel qui, selon le climat, fait partie de la succession ou de l’évolution de la prairie vers la forêt. Si l’embroussaillement n’est pas causé par l’aulne vert et si la couverture arbustive n’est pas excessive (au maximum 60%), la diversité structurelle et la biodiversité augmentent dans un premier temps. À certains endroits, l’embroussaillement peut également être souhaitable en tant qu’étape intermédiaire du boisement, par exemple lorsque la fonction protectrice d’une forêt doit être renforcée.
➔ Études de recherche sur l’embroussaillement des pâturages alpestres
Causes

Le nombre total d’animaux estivés a augmenté d’environ 6000 pâquiers normaux (PN) au cours des 25 dernières années. Des changements ont en même temps eu lieu entre les catégories d’animaux estivés, reflétant l’évolution des exploitations de plaine, par exemple le passage de l’élevage de vaches laitières à l’élevage de vaches mères.
Les exploitations de plaine élèvent aujourd’hui des races d’animaux plus productives et plus lourdes qu’auparavant, qui se déplacent différemment dans la région d’estivage ou qui ne sont pas adaptées à l’estivage.
L’exploitation des pâturages alpestres évolue en conséquence : les surfaces difficiles d’accès sont moins exploitées, tandis que celles qui sont facilement accessibles sont pâturées plus intensivement. Cette évolution bipolaire est favorisée par d’autres facteurs.
Bien que le nombre total d’animaux estivés ait augmenté depuis 2000, le nombre d’exploitations d’estivage est en baisse constante. Aujourd’hui, moins de personnes travaillent dans l’économie alpestre qu’auparavant, il y a donc moins de main-d’oeuvre disponible pour l’entretien courant des pâturages et la gestion ciblée du pâturage des animaux. Le personnel d’alpage vient plus souvent d’un milieu éloigné de l’agriculture et fluctue davantage, ce qui rend plus difficile le transfert d’expériences et de connaissances spécifiques à l’alpage.
La présence de grands prédateurs modifie les systèmes de pâturage, en particulier dans les alpages à moutons. Afin de garantir la protection des animaux, les troupeaux pâturent de plus en plus sous la surveillance permanente d’un berger ou dans des enclos entièrement clôturés, plutôt qu’en libre pâturage. Cependant, lorsque la protection des troupeaux ne peut pas être assurée en raison de la localisation ou de la topographie, certaines zones sont moins pâturées ou abandonnées.
Avec le changement climatique, les températures augmentent et la période de végétation dans la région d’estivage s’allonge. Parallèlement, les précipitations sont plus irrégulières et les périodes de sécheresse plus fréquentes. Cela favorise la croissance des buissons et fait monter la limite forestière. De plus, tous les pâturages alpaestres ne disposent pas d’eau – en cas de sécheresse, les animaux ne peuvent pas paître sur ces surfaces, qui sont alors moins bien exploitées.
Ces différents facteurs jouent un rôle plus ou moins important dans l’embroussaillement, en fonction des conditions d’un site – situation au-dessus ou en dessous de la limite forestière, exposition, pente, etc.
➔ Portail de connaissances sur l’économie alpestre – Statistiques sur l’estivage
➔ Portail de connaissances sur l’économie alpestre – Espèces et races animales à l’alpage
➔ Rapport agricole 2025 – On recherche des bergers fidèles
Bases légales
La préservation des surfaces agricoles et alpestres est un élément central des objectifs de la politique agricole et environnementale de la Confédération et est donc encouragé par des paiements directs. L’ordonnance sur les paiements directs versés dans l’agriculture (OPD) constitue la base légale pour la protection des pâturages d’estivage contre l’embroussaillement et la régulation des plantes à problèmes.
Articles pertinents de l’OPD
- Protection contre l’embroussaillement et la friche (art. 29, al. 1 OPD)
Les pâturages de la région d’estivage doivent être protégés contre l’embroussaillement et la friche par des mesures adéquates.
- Lutte contre les plantes posant des problèmes et utilisation de produits phytosanitaires (art. 32 OPD)
Les plantes à problèmes telles que le rumex, le chardon des champs, le vératre blanc, le séneçon jacobée et le séneçon des Alpes doivent être régulées. Il convient en particulier d’empêcher leur propagation.
Les herbicides peuvent être utilisés pour le traitement plante par plante, pour autant que leur utilisation ne soit pas interdite ou restreinte. Pour le traitement de surface, ils ne peuvent être utilisés qu’avec l’autorisation du service cantonal compétent et dans le cadre d’un plan d’assainissement.
- Broyage pour l’entretien des pâturages et la lutte contre les plantes herbacées posant des problèmes (art. 29 al. 4 OPD )
Le broyageest autorisé pour l’entretien des pâturages et la lutte contre les plantes herbacées posant des problèmes.
La couche herbeuse doit rester intacte.
Les zones de protection de la nature ne doivent pas être broyées.
➔ Naturschutz.ch – Aperçu et carte des zones protégées en Suisse (en allemand)
➔ Portail de connaissances sur l’économie alpestre – Ordonnances fédérales relatives à l’économie alpestre – Environnement
- Broyage pour débroussailler les surfaces (art. 29 al. 5-8 OPD)
Pour débroussailler des surfaces, le broyage est admis sur autorisation préalable du canton. Les cantons transmettent l’autorisation à l’OFAG pour information.
L’intervention peut avoir lieu au plus tôt à partir du 15 août.
Un maximum de 10 % de la surface du sol travaillée peut être endommagé après l’intervention.
Après l’intervention, la surface doit présenter une mosaïque de pâturages ouverts et d’arbustes, les arbustes ayant été laissés sur au moins 1 are sur 10.
Dans des cas justifiés, le canton peut s’écarter de ces obligations.
Le broyage pour débroussaillage est autorisé au maximum deux années consécutives sur la même surface. Ensuite, une exploitation durable doit être assurée par une gestion adaptée du pâturage. Un nouveau broyage ne peut avoir lieu avant huit ans.
- Exploitation inappropriée (art. 34 OPD) et plan d’exploitation (art. 33 OPD)
En cas d’utilisation trop intensive ou trop extensive, le canton prescrit des mesures pour l’adoption d’un plan de pâture contraignant.
En cas de dommages écologiques ou de gestion inappropriée, le canton impose des conditions concernant la conduite des pâturages, la fumure et l’apport de fourrage et exige la tenue de registres correspondants.
Si ces conditions n’aboutissent pas, un plan d’exploitation doit être mis en place.
S’il existe un plan d’exploitation, ce sont les exigences et les spécifications qu’il contient qui sont déterminantes.
➔ OPD – Détails du plan d’exploitation
- Réductions (annexe 3, section 3.6 OPD)
Si, lors d’un contrôle, un manquement à l’un des points susmentionnés est constaté, les contributions d’estivage sont réduites de 5 à 15%.
La réduction s’élève au minimum à 200 francs et au maximum à 3 000 francs par point de contrôle. En cas de répétition d’un défaut, le maximum de 3 000 francs par point de contrôle n’est pas applicable. En cas de première récidive, les réductions sont doublées. A partir de la deuxième récidive, il s’ensuit une exclusion des contributions.
Définitions des termes
➔ Agripedia – Définition des termes relatifs aux plantes à problèmes et à l’embroussaillement sur les surfaces agricoles (en allemand)
➔ Portail de connaissances sur l’économie alpestre – Carte de la région d’estivage
Plantes à problèmes
Les plantes à problèmes importantes et celles qui causent l’embroussaillement dans les zones d’estivage sont présentées en détail sur le site Patura Alpina.
Des informations sur d’autres plantes à problèmes sont rassemblées dans le rapport Mesures de régulation des plantes à problèmes dans les alpages d’ Agroscope.
Procédure et mesures de régulation
Points importants
Les conclusions des experts sur la régulation des plantes à problèmes dans les alpages sont résumées comme suit dans un rapport d’Agroscope :
Agir tôt : la charge de travail est relativement faible lorsque les plantes isolées sont régulées suffisamment tôt. Mais si on ne les combat pas, elles deviennent un problème qui ne peut se résoudre qu’au prix d’importants efforts.
Beaucoup de plantes à problèmes profitent de perturbations et de lacunes dans le peuplement. Un couvert végétal fermé et intact freine leur expansion.
Il existe peu d’herbicides sélectifs pour les plantes à problèmes dans les alpages. L’utilisation d’herbicides à
large spectre crée des lacunes qui seront à nouveau colonisées par ces plantes.La plupart des plantes à problèmes appartiennent à l’une de ces deux catégories :
- Favorisées par une surexploitation
- Favorisées par une sous-exploitation
Une gestion de la pâture adaptée au site est le moyen le plus efficace pour réguler les plantes à problèmes et empêcher leur implantation à long terme. Cela implique une pression de pâture appropriée et un bétail adapté et plutôt léger.
Des mesures de régulation n’ont de sens que si l’on remédie durablement aux problèmes (sur- ou sous-exploitation) par une gestion de pâture adaptée.
Les plantes à problèmes sont tenaces et vivaces (organes de réserves souterrains, grande capacité de régénération, expansion rapide, …). Une régulation réussie n’est pas une mesure unique, mais implique de faire preuve de plus de persévérance que la plante.
Caren Pauler, Mesures de régulation des plantes à problèmes dans les alpages – Résultats d’une enquête auprès d’experts, Agroscope 2023
Analyse de la situation et priorisation des surfaces
Avant de commencer avec des mesures de régulation, il convient d’analyser les points suivants :
Où et pourquoi l’embroussaillement a-t-il lieu ou les plantes à problèmes sont-elles présentes ?
Quel potentiel fourrager est disponible sur quelle surface ?
Comment les surfaces sont-elles gérées après l’intervention ?
Quelles sont les ressources (main-d’œuvre, animaux de pâturage, …) disponibles pour la régulation et la gestion à long terme ?
S’il existe plusieurs surfaces sur lesquelles des mesures de régulation peuvent être envisagées, il convient de donner la priorité aux zones qui ont le plus grand potentiel d’amélioration de la qualité et de l’offre de fourrage à long terme.
Des informations détaillées pour l’analyse de la situation et la priorisation des surfaces pour différentes plantes à problèmes sont disponibles sur Patura Alpina.
Les services de vulgaristation en économie alpestre des cantons peuvent apporter leur aide pour ces évaluations.
➔ Portail de connaissances sur l’économie alpestre – Points de contact – Vulgarisation en économie alpestre des cantons
Mesures de régulation
Selon le type et l’étendue de l’embroussaillement ainsi que les conditions sur place, différentes mesures sont appropriées pouvr le débroussaillement et la régulation des plantes à problèmes à l’alpage.
Pâture
Une pression de pâture adéquate et d’autres adaptations d’exploitation permettent de (co)réguler l’embroussaillement et les plantes à problèmes avec des animaux de pâturage.
Selon que les plantes à problèmes présentes sont favorisées par une sous-exploitation ou une surexploitation, le pâturage doit être orienté différemment.

La vidéo suivante montre, à titre d’exemple, comment l’aulne vert peut être régulé par des chèvres :
Régulation mécanique
Par mesures de régulation mécanique, on entend la régulation de l’embroussaillement et des plantes à problèmes à l’aide d’outils tels que cisaille, débroussailleuse, tronçonneuse ou broyeur.
Les mesures de régulation mécaniques visent généralement à affaiblir et/ou à éliminer les plantes à problèmes. En coupant les plantes à problèmes avant la floraison, on favorise les plantes fourragères et on évite la germination de la plante à problèmes. Sauf en cas d’arrachage complet de la plante, les mesures de régulation doivent être prises sur plusieurs années, car il existe souvent des organes de survie souterrains.
Le moment idéal pour la coupe varie en fonction de la plante à problèmes.
Les régulations mécaniques ou manuelles peuvent être soutenues par l’intervention de groupes/bénévoles :
➔ Portail de connaissances sur l’économie alpestre – Points de contact autour de l’alpage – Interventions de travail
Cas particulier : broyage en zone d’estivage
Le broyage (mulching) consiste à tondre une surface sans ramasser ni enlever le matériel végétal coupé. Au lieu de cela, la matière fauchée est broyée mécaniquement et répartie sur place sur la surface.
Sur l’alpage, on distingue
- le broyage pour l’entretien des pâturages et la régulation des plantes herbacées posant des problèmes et
- le broyage pour débroussailler (élimination des parties ligneuses des plantes)
Le broyage pour l’entretien des pâturages et la régulation des plantes herbacées à problèmes est possible dans toute la région d’estivage sans autorisation spéciale. La condition est que la couche herbeuse reste intacte et qu’aucune surface protégée ne soit concernée.
Le broyage pour le débroussaillement doit être préalablement autorisé par le canton. L’autorisation est assortie de conditions visant à prévenir les dommages écologiques. Entre autres, l’intervention ne peut avoir lieu qu’à partir du 15 août au plus tôt. Le débroussaillement par broyage ne peut avoir lieu plus de deux années consécutives sur la même surface. Ensuite, une exploitation durable doit être assurée par une gestion adaptée du pâturage.
Pour les pâturages alpestres, des dispositifs de broyage peuvent être montés sur un tracteur, une motofaucheuse ou une chenille.
L’extrait vidéo suivant montre le broyage dans un alpage :
Régulation chimique
La régulation chimique consiste à réguler les plantes à problèmes à l’aide d’herbicides. Le choix du bon produit, le moment d’application et les conditions météorologiques sont des facteurs décisifs pour la réussite de l’opération.
Selon l’OPD (➔ bases légales), les herbicides peuvent être utilisés pour le traitement plante par plante, pour autant que leur utilisation ne soit pas interdite ou limitée. Pour le traitement de surface, ils ne peuvent être utilisés qu’avec l’autorisation du service cantonal compétent et dans le cadre d’un plan d’assainissement.
Des informations sur les herbicides autorisés se trouvent sur Patura Alpina pour les plantes à problèmes correspondantes.
Défis à relever
Selon l’OPD (➔ bases légales), il est obligatoire de protéger les pâturages d’estivage contre l’embroussaillement et de réguler les plantes à problèmes. Le maintien des pâturages ouverts fonctionne le mieux s’ils sont entretenus en permanence et si les plantes à problèmes sont régulées dès la première apparition de plantes isolées. Pour cela, il faut des exploitant-e-s d’alpage, des alpagistes et/ou des aides qualifié-e-s et sensibilisé-e-s qui effectuent cet entretien courant.
Pour les surfaces déjà fortement touchées, l’effort de régulation est nettement plus important : tant le clôturage des animaux que la régulation mécanique demandent beaucoup de temps et de travail, qui plus est dans un terrain alpin. Il est difficile de trouver les ressources nécessaires pour ces travaux. En outre, la régulation doit être pensée à long terme, il faut s’attaquer au problème sous-jacent. Cela peut impliquer des adaptations de gestion qui ont un impact important sur l’exploitation d’estivage.
Pour une régulation efficace de l’embroussaillement et des plantes à problèmes, la persévérance est essentielle. Les mesures de régulation doivent être prises sur plusieurs années et, selon les cas, un entretien ultérieur est nécessaire.
Enfin, pour maintenir ouvertes à long terme les surfaces réglementées, il vaut la peine d’investir dans l’infrastructure (approvisionnement en eau, clôtures, éventuellement accès, …) afin de simplifier la gestion ultérieure des surfaces.
En cas de problèmes liés à l’embroussaillement, les exploitant-e-s d’alpage peuvent s’adresser aux services de vulgarisation en économie alpestre des cantons.
➔ Portail de connaissances sur l’économie alpestre – Points de contact – Vulgarisation en économie alpestre des cantons
Outils
Sites web, guides, fiches techniques
Site web sur la gestion des plantes à problèmes dans les Alpes
Détails
Dans le cadre d’un projet commun d’AGRIDEA, du FiBL, d ‘Agroscope et du Büro Alpe, un site web a été créé avec des connaissances pratiques sur la gestion des plantes à problèmes dans les pâturages d’estivage.
Ce site web présente les principales plantes à problèmes dans la région d’estivage. Pour chaque plante, sa présence et ses caractéristiques, la procédure d’analyse de la situation sur place (facteurs d’influence, évaluation des mesures à prendre) et les mesures de régulation appropriées sont décrites. Des vidéos illustrent de bons exemples de régulation pour chaque plante à problèmes.
Les plantes traitées sont les suivantes : rumex des Alpes, vératre blanc, joncs, séneçon des Alpes, fougères, arbustes nains, aulne vert, chardons.
Rapport d’experts sur la régulation des plantes à problèmes
Détails
Agroscope a mené une enquête auprès d’experts sur la régulation des plantes à problèmes dans les alpages. Les connaissances empiriques recueillies ont été rassemblées dans un rapport.
En fonction des plantes, les mesures et moments appropriés pour la régulation ainsi que des informations complémentaires sont présentées.
Les plantes suivantes sont traitées : fougère aigle, rumex des Alpes, seneçon des Alpes, chardons (chardon des champs, cirse épineux, cirse commun, cirse des marais, cirse laineux), aconit (napel et tue-loup), gentiane jaune, menthe à longues feuilles, vératre blanc, rumex à feuilles obtuses, zones reposoir (différentes espèces), aulne vert, arbustes nains, colchique d’automne, séneçon jacobée, joncs, rhinanthes, bunias d’Orient, canche cespiteuse, nard raide, millepertuis perforé, renoncule âcre, renoncule à feuilles d’aconit, pétasite hybride.
Guide pour les organisations de contrôle
Détails
Un guide d’AGRIDEA destiné aux organisations de contrôle montre comment évaluer l’ampleur de l’embroussaillement en fonction de la plante à problèmes et de l’emplacement sur le terrain.
Pour chaque site, le pourcentage d’espèces caractéristiques d’embroussaillement et de plantes à problèmes est mis en relation avec la productivité. La démarche est illustrée dans le guide par des exemples.
Fiche d’information pour les exploitant-e-s d’alpage : Que faire après la constatation d’un défaut ? (en allemand)
Détails
Cette fiche d’information de la KOLAS Suisse centrale s’adresse aux exploitant-e-s d’alpage chez qui ont été constaté trop d’embroussaillement ou trop de plantes à problèmes sur l’exploitation d’estivage.
Il indique aux exploitant-e-s d’alpages concerné-e-s la marche à suivre après la constatation de la carence et les éléments à prendre en compte lors de l’élaboration d’un plan de mesures et de sa mise en œuvre.
Aperçu du problème, des mesures et des possibilités de soutien
Détails
Dans une fiche d’information, le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) résume les connaissances concernant la problématique, les mesures de régulation et les possibilités de soutien concernant l’embroussaillement dans les régions de montagne.
Évènements
Embroussaillement et maintien des surfaces ouvertes dans la région de montagne lors du cours montagne 2025
Détails
Le cours montagne 202, organisé conjointement par AGRIDEA et le SAB dans le cadre de la plate-forme de dialogue « Recherche et pratique dans l’agriculture de montagne », a porté sur l’embroussaillement et le maintien des surfaces ouvertes dans la zone de montagne et d’estivage.
Pendant deux jours, des surfaces à problèmes ont été visitées dans l’Urserental (UR) et dans la Surselva (GR) et la gestion de l’embroussaillement et des solutions pour maintenir les pâturages ouverts ont été abordées. En outre, les effets d’installations solaires alpines sur l’économie alpestre ont été examinés à l’exemple d’un chantier.
Le programme, les présentations ainsi que les détails des projets visités sont disponibles auprès de la SAB.
Réunion sur la lutte contre l’embroussaillement et le maintien des surfaces ouvertes 2025
Détails
Dans le cadre de la plate-forme de dialogue « Recherche et pratique dans l’agriculture de montagne », une conférence sur l’embroussaillement dans les régions de montagne a eu lieu début 2025. L’état actuel de la recherche, les besoins de la pratique et les mesures à prendre ont été discutés.
Le programme, les présentations ainsi qu’un compte-rendu de la conférence sont disponibles auprès de la SAB.
Projets de recherche
Une sélection de publications issues de la recherche est présentée ici. Les publications sont classées par date de publication.
Autres publications de la Station d’essais Agriculture de montagne et d’alpage (VSAB) :
Détails
L’évolution de la végétation a été évaluée sur deux alpages pâturés par des bovins de race Highland depuis des durées différentes. L’alpage du Val Vogna, en Italie, est pâturé par des bovins Highland depuis 2009, tandis que l’alpage suisse de Bovonne l’est depuis 2019. Sur les deux alpages, la couverture d’espèces arbustives a diminué suite au pâturage, tandis que la diversité végétale a augmenté. La qualité du pâturage ouvert a soit augmenté, soit été maintenue à un niveau élevé et constant. Une pâture ciblée avec des bovins Highland semble avoir le potentiel de limiter à long terme l’embroussaillement par l’aulne vert et de restaurer la diversité végétale.
➔ Publication originale en anglais – Highland cattle grazing reduces shrubland cover and increases plant diversity in green alder-encroached pastures
Détails
Différentes mesures de régulation des aulnes verts ont été comparées sur trois exploitations d’estivage vaudoises. Les aulnes verts ont été pâturés d’une part par des chèvres et d’autre part par des bovins. Le pâturage a été effectué soit comme mesure de régulation unique, soit en combinaison avec une taille mécanique préalable des aulnes verts. Les chèvres ont consommé à la fois les feuilles des aulnes verts et la végétation de sous-bois. En revanche, les bovins n’ont que peu brouté les aulnes verts. Dans les surfaces qui ont été préalablement fauchées, les chèvres ont consommé la quasi-totalité des repousses et ont écorcé en moyenne un quart des branches – avec toutefois de grandes différences entre les exploitations d’estivage. Chez les bovins, les dégâts causés aux branches taillées par la consommation ou le piétinement étaient faibles.
➔ Recherche agronomique suisse – Lutte contre l’aulne vert : efficacité de la taille combinée à la pâture des chèvres
➔ Publication originale – Comportement alimentaire des génisses et des chèvres sur les alpages envahis par l’aulne vert
➔ Prométerre – Lutte mécanique et pression de pâture pour limiter la propagation de l’aulne vert en zone d’estivage
Détails
L’institut de recherche WSL a étudié la propagation possible des incendies de forêt dans différentes régions de Suisse. Les régions où le plus de surfaces agricoles ont été récemment abandonnées et où la forêt s’est étendue sont également les plus exposées aux grands incendies (par exemple les Alpes centrales occidentales, le sud de la Suisse). L’étude a également modélisé la manière dont les incendies de forêt pourraient se propager en cas d’abandon total des activités agricoles jusqu’à une altitude de 2500 mètres : Le risque de grands incendies de forêt augmenterait considérablement dans toute la Suisse (à l’exception du Plateau). A l’avenir, il faut s’attendre à une augmentation des situations météorologiques extrêmes qui augmentent le risque général d’incendie de forêt et favorisent le développement d’incendies très intenses. Les grands incendies menacent alors les fonctions de protection de la forêt. L’exploitation agricole dans les zones de montagne sera donc d’autant plus importante que les surfaces ouvertes permettront de maintenir des coupe-feu efficaces sur les versants de montagne.
➔ WSL – Comment la conservation du paysage aide à prévenir les grands incendies de forêt
Détails
Pendant des siècles, les aulnes verts ont été régulés dans les zones d’estivage par la pâture, notamment par les chèvres. Dans une étude, Agroscope a analysé les différences entre la régulation de l’aulne vert avec des races robustes de bovins (vaches Dexter), de moutons (moutons d’Engadine) et de chèvres (chèvres Paon). En effet, l’élevage de bovins ou d’ovins est aujourd’hui plus intéressant économiquement que celui des chèvres. Les vaches Dexter ont réussi à ralentir l’embroussaillement par les aulnes verts, mais pas à l’empêcher. En revanche, les moutons d’Engadine ont passé autant de temps dans les aulnes verts que les chèvres Paon, mais ont écorcé beaucoup plus d’aulnes verts. Les chèvres et les moutons d’Engadine sont donc les mieux placés pour récupérer les pâturages embroussaillés.
➔ Forum Petits Ruminants – Freiner l’avancée de l’aulne vert avec des chèvres et des moutons de l’Engadine (version française après l’article allemand)
➔ Publication originale en anglais – Thinning the thickets : Foraging of hardy cattle, sheep and goats in green alder shrubs
Détails
Cette étude a examiné la biodiversité des pâturages alpestres en cas d’embroussaillement par différentes espèces végétales. Sur les pâturages étudiés, l’embroussaillement a été dominé par l’aulne vert dans 62% des cas, par le pin de montagnes dans 25% des cas et par d’autres espèces arbustives dans 10% des cas. L’évolution de la biodiversité en cas d’embroussaillement peut être facilement prédite par le type d’embroussaillement dominant. Si l’aulne vert domine, la diversité végétale du pâturage diminue considérablement dès le début de l’embroussaillement. Pour préserver la diversité végétale, il est donc important d’endiguer rapidement la couverture d’aulnes verts. En cas d’embroussaillement par des pins de montagnes et d’autres espèces arbustives, la biodiversité augmente tant qu’il existe une mosaïque de couverture arbustive et de pâturage ouvert (couverture arbustive de 40 à 60%).
➔ Publication originale en anglais – Dominant shrub species are a strong predictor of plant species diversity along subalpine pasture-shrub transects
Détails
Dans le Val Troncea, en Italie, des parcs de nuit et des blocs minéraux ont été installés sur un alpage bovin afin d’étudier l’efficacité de ces mesures pour la régulation des arbustes nains. Tant les parcs de nuit temporaires que les blocs minéraux ont été installés de manière ciblée dans des zones embroussaillées. Les effets de ces mesures sur la structure de la végétation et la qualité du pâturage ont été observés pendant cinq ans. Les deux mesures ont été efficaces pour réduire la couverture arbustive et améliorer la couverture et la hauteur de la couche herherbeuse. Cependant, avec les parcs de nuit, cet effet a été plus net et la qualité du pâturage a pu être améliorée. Les parcs de nuit ont été la mesure la plus efficace pour réguler les arbustes nains et améliorer la qualité fourragère des pâturages.
➔ Publication originale en anglais – Targeted grazing for the restoration of sub-alpine shrub-encroached grasslands
Impressum
Image de couverture : Daniel Mettler, AGRIDEA
Un projet de :







