Thèmes
Grandes cultures Production maraîchère Protection des cultures Non classifié(e)

Gestion des oiseaux déprédateurs en grandes cultures – Introduction

Les dégâts causés par les corvidés et les colombidés aux cultures représentent un problème croissant, pouvant entraîner des pertes économiques significatives. Ces oiseaux s’attaquent principalement aux graines lors des semis ou aux plantules dès la levée. En agriculture conventionnelle, l’enrobage des semences à base de Ziram constitue une solution efficace. Toutefois, cette substance remplit deux des trois critères de classement en tant que substance PBT (persistante, bioaccumulable et toxique), ce qui rend sa substitution nécessaire. Le projet GEODE (Gestion des oiseaux dépédateurs dans les grandes cultures) avait pour objectif de tester des mesures de prévention alternatives à l’enrobage au Ziram, compatibles notamment avec l’agriculture biologique. Cette série de quatre articles présente les techniques évaluées et leurs résultats.

Table des matières

Gestion des oiseaux déprédateurs en grandes cultures – Pratiques culturales

Gestion des oiseaux déprédateurs en grandes cultures – Effarouchage

Gestion des oiseaux déprédateurs en grandes cultures – Introduction

Gestion des oiseaux déprédateurs en grandes cultures – Enrobage des semences

Caractéristiques des principales espèces déprédatrices des cultures

Corneille noire (Corvus corone corone)
• Plumage, pattes et bec noirs
• Queue plutôt carrée
• Population des couples nicheurs stable pas d’infos pour les juvéniles
• Omnivore
• Ce sont surtout les groupes de juvéniles non nicheurs qui provoquent des dégâts aux cultures → la présence de couples nicheurs territoriaux est un dissuasif

Corbeau freux (Corvus frugilegus)
• Plumage noir et bec blanc grisâtre
• Queue plutôt arrondie
• Niche sur tout le plateau suisse depuis 1963
• En expansion
• Les dégâts sont liés à la proximité des corbeautières (colonies de corbeaux freux)

Corneille mantelée (Corvus cornix)
• Corps (poitrine) et parties des ailes gris, reste noir
• Présente dans les cantons du Valais, Tessin et Grisons (zone de contact alpine)

Pigeon ramier (Columba palumbus)
• Tête et dessus du corps gris-bleu; ailes avec une tache blanche aux «épaules» et une noire à l’extrémité
• Bout de la queue noirâtre
• Oiseau forestier
• En expansion surtout en milieu urbain ou à proximité de sources de nourriture (moulins, …)

Pigeon biset (Columba livia)
• Plumage très variable dans sa coloration
• Doubles barres alaires souvent pré-sentes
• Pigeon urbain «classique»

Principales cultures touchées et dégâts

Les attaques surviennent du semis jusqu’au stade 3 à 4 feuilles (durée de protection nécessaire : 2 à 4 semaines). Le maïs et le tournesol sont les cultures les plus touchées, mais des dégâts peuvent également être observés sur les céréales, le soja, les pois et les cultures maraîchères (arrachage des jeunes plants et destruction du cœur des salades). Ces espèces peuvent aussi déchiqueter les voiles de protection, les bâches ainsi que les plastiques des balles rondes utilisés pour la conservation du fourrage.

Maïs : Les plantules sont arrachées (A, C), ou sectionnées si semis profond (D). Les corvidés creusent souvent un trou (B) pour atteindre le grain de maïs.

Tournesol : Les dégâts peuvent concerner les graines, mais ce sont souvent les plantules qui sont consommées. Lorsque seuls les cotylédons sont mangés (F), la plante reste viable mais si la tige est sectionnée (G), la plante sera manquante. Des dégâts peuvent aussi survenir à maturité (E), essentiellement dus aux pigeons et moineaux, parfois aussi quelques corvidés.

Mesures de prévention

Ces espèces déprédatrices sont très intelligentes et s’habituent vite aux mesures de prévention et/ou de lutte. Seule la combinaison et l’alternance de diverses mesures permettent d’obtenir un effet partiel.

Diminuer l‘attractivité des cultures et la nourriture disponible
• Recouvrir proprement la semence et éviter de laisser des grains en surface, éventuellement rouler en faisant attention aux parcelles avec risques de croûtage.
• Rassembler le plus vite possible les balles de silo. Ne pas les laisser sur la zone récoltée.
Favoriser la levée rapide de la culture
• Pour les cultures de printemps, éviter les semis trop précoces : semer dans un sol réchauffé (min. 8°C).
• Pour le maïs, semer un peu plus profond (en sol moyen à lourd : 5-6 cm ; en sol lourd : 4-6 cm) permet un meilleur ancrage des plantes, mais retarde la levée.
Prêter attention à la parcelle
• Pour le corbeau freux, le risque d’attaques est plus élevé à proximité des corbeautières (3 km autour)
• Semer simultanément toutes les parcelles de la zone. De cette manière, les oiseaux se répartissent sur une plus grande surface. Si une seule parcelle se trouve au stade idéal, il existe un risque que les corbeaux s’y concentrent, causant des dégâts plus importants.
Impressum

Collaboration professionnelle : Cette série d’articles est le fruit d’un projet de recherche financé par l’Office fédéral de l’agriculture intitulé « Gestion des oiseaux prédateurs et prévention des dégâts dans les cultures », mené entre 2021 et 2024 auquel les personnes suivantes ont collaboré: A. Baux (Agroscope), L. Bernasconi (AGRIDEA), A. Chantoufi (Agroscope), G. D’Adda (Ufficio della consulenza agricola), D. Fleury (OCAN), D. Francois (Fenaco), R. Grangirard (Institut agricole de l’Etat de Fribourg par Grangeneuve), F. Hofmann (Section chasse pêche et espèces VD), R. Lardelli (Ficedula), D. Martin (Proconseil), A. Stampanoni (Ufficio caccia e pesca) et Gioele Pinana (Ufficio caccia e pesca)
Photo de couverture : L. Bernasconi (AGRIDEA)
Graphiques/Illustrations : L. Bernasconi (AGRIDEA)

Gestion des oiseaux deprédateurs en grandes cultures

Gestion des oiseaux déprédateurs en grandes cultures – Effarouchage Gestion des oiseaux déprédateurs en grandes cultures – Enrobage des semences